Serpent (Fr) + Billions of Comrades | Reporté

Reporté en 2022 | Lieu à confirmer
“Post-Funk” | Math-rock
Prévente : 14 € (hors frais de transaction) | Caisse : 18 €
(- 50 % pour les jeunes de moins de 26 ans)

Lescop fait sa mue avec Serpent (pour les fans de Talking Heads, PIL, Gang of Four, …)

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Des Parisiens nourris au son de DFA / Gang of Four, bref du punk funk imparable, emmenés par un certain Lescop…

Ils avancent à bas bruit, sournois et menaçants comme cette époque incertaine. Les morsures, multiples, n’en seront que plus terribles. Celles des guitares qui cisaillent méthodiquement l’espace, celle d’une rythmique qui tranche à vif, et cette voix convulsive, belliqueuse, qui ne lâchera le morceau qu’une fois vaincu, exsangue, au terme d’un assaut éclair.

Post-Funk, c’est le terme qui semble convenir pour définir la musique de SERPENT, qui sonne comme un safari dans une jungle en plastique, et ce premier EP sans sommation porte un nom de manifeste : TIME FOR A RETHINK (Il est temps de repenser).

Remise à zéro, tabula rasa, reboot de la machine, les cinq assaillants étaient en recherche d’une pulsion primitive, animale, reptilienne, comme le cerveau du même nom : qui ne fonctionne qu’à l’instinct. Parmi eux, on reconnaitra Mathieu Lescop, chanteur échappé jadis d’Asyl et qui a depuis réussi l’épineuse équation d’une pop violente et sexy aux textes sophistiqués, sur deux albums (Lescop et Echo) remarquables et remarqués.

En parallèle à cette voie solitaire, qu’il poursuit sans presser le pas, Mathieu Lescop cherchait à retrouver l’excitation jouissive de l’électricité, de l’écriture collective et intuitive sans cadastre et à assouvir par là des envies d’embrasements. En mai 2019, il se retrouve en salle de répétition avec son batteur habituel, Wend¥ Kill, les deux guitaristes Martin Uslef
et Adrian Edeline, le bassiste Quentin Rochas, tous issus d’un collectif de jeunes musiciens éclectiques et hyperactifs. Ensemble, ils font jaillir les titres comme des fluides venimeux trop longtemps retenus. La vitesse, l’intensité et une nouvelle forme d’urgence les guident dans cette jungle sonique quelque part entre Talking Heads, ESG, Devo ou les Public Image Limited.

Tous ont aussi en tête les répliques contemporaines de ces chocs thermiques, ce funk froid, des Canadiens de Crack Cloud, Pottery, ou le punk hédoniste et romantique de LIFE ou de Squid. Serpenter autour de cet arbre généalogique leur convient, surtout avec la tension du monde alentour, la confusion qui domine et cette nécessité impérieuse d’écrire
sur la brèche, loin de tout romantisme, le feu aux trousses et dans l’hypnose du moment.

Avec Robin Leduc à la production, ce quintette entêté fait des étincelles sur ces quatre titres qui donnent l’impression d’un puzzle mal taillé dont on aurait emboité les pièces à coups de marteau. Avec une méthode intuitive qu’on pourrait comparer aux Stratégies Obliques de Brian Eno, faite de contraintes et d’astreintes, ils se sont ainsi lancé des défis parfois absurdes, tout doit sortir d’un jet, sans réflexion et de la manière la plus brutale
possible, on mesure à l’écoute de Time for a Rethink combien cette méthode d’écriture automatique fut fertile.

Avec l’anglais comme première langue, cette fois Lescop s’est aussi donné pour contrainte d’aller à l’essentiel, vers la scansion plutôt que vers la
chanson, le chant sensoriel et hypnotique comme autant de flashs dans la nuit et de slogans bombés à la hâte.

Pour contenir cette matière hautement inflammable, Serpent a fait appel au plasticien Stefan Brüggemann, dont le travail post-situationniste sur la saturation de l’espace par des bombages de slogans et dialogues de films s’inscrit parfaitement dans leur appréhension d’un monde anxiogène et troublé. Qu’il est grand temps de repenser…

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